Fête de la Lavande en Pays d'Apt
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LES LAVANDES AVANT NOTRE ERE

Voici quelques citations mentionnant la présence de lavande pendant cette époque:

*Le genre « Lavandula » ne s'est probablement pas différencié avant le pliocène (supérieur du
tertiaire). Des lavandes fossiles ne semblent pas avoir été signalées.

*Les Assyriens, dans les Jardins de Sémiramis utilisaient la lavande en poudre et en huile.
*Dans l'IIlyade, est mentionnée la lavande importée d'Egypte.

*Dioscoride cite l'origine égyptienne de la lavande Stoechas.

*Parmi la cinquantaine de substances utilisées par les grecs pour préparer les parfums, Théophraste
mentionne la lavande.

* Apollonius d'Erophilus énumère les principales préparations avec la lavande.

*Strabon déclare avoir vu en abondance dans les îles d'Hyères (Stoechas) le nard celtique ou lavande
à toupet, lavande stoechas.

*Dioscoride d'Anazarba signale la présence dans les Alpes de Ligurie de Salinnca ou nard celtique et
attribue
à cette lavande Stoechas des propriétés laxatives et revigorantes qui est également utilisée
dans des boissons de type thé.

*Les Grecs et les Romains appelaient nard la lavande, du syrien naarda et du latin nardusitalica.
*Des côtes de Ligurie et d'Istrie ainsi que de Provence, on importait le nard celtique, salinnca ou
lavande
à toupets ou lavande stoechas vers la Grèce (12ème au s= siècle av. J.-c.).

*Parmi les produits de distillation de plantes nouvelles, le nard celtique, serait intéressant dans la
lutte contre les mauvaises odeurs, selon Lucrèce.

*11 sera largement utilisé jusqu'au premier siècle après L-C.

*La lavande considérée comme ornement aromatique était répandue dans les jardins romains avant
J.-c., parcs ou paradis persans rappelant aux chefs d'armée et aux banquiers ce qu'ils avaient pu voir
au Mouseion, au Jardin des Muses à Alexandrie ou des Palais d'Asie Mineure.


LES LAVANDES DU 1er au XVème SIECLES

A l'époque romaine:

*Le nard, même dans les époques les plus reculées, avait deux origines:
-différentes sortes de lavandes

-valériane celtique ou Andropogon nardus

etd'odeurs et d'appartenance botanique différentes.

*A Rome, on utilisait un parfum dénommé Nardinum à base de lavande et de myrrhe.

* Le nard celtique ou nard rustique ou nard de gaule ou lavande des stoechades, était utilisé à
l'époque romaine probablement à cause de son abondance et de son prix ainsi que de la multiplicité
de ses emplois, comme parfum léger, astringent, insecticide et médicamenteux.

*Parfum par excellence, précieux, il servait à la préparation des onguents sacrés, mais aussi,
considéré comme aphrodisiaque il était utilisé par les courtisanes romaines. Mais aussi par Marie la
pécheresse pour oindre les pieds du Seigneur. Les prostituées romaines s'enduisaient le corps d'huile
de
« lavande » dans un double but: rendre leurs corps attrayant parfumé mais aussi se protéger des
maladies, cette huile ayant un fort pouvoir antiseptique.

Toujours à Rome, des femmes n'ayant pas le droit de s'enivrer passaient outre, pour masquer leur
délit en mâchant de la « lavande
» camouflant leur haleine.

Rappelons que sous le terme « lavande » on trouvait par erreur, reconnue plus tard, de la vraie
lavande et de l'aspic.A l'époque, l'essence appelée indifféremment essence de nard, de lavande ou
d'aspic n'était en réalité que celle obtenue à partir de différentes variétés croissant en abondance en
Provence, par exemple.

*Pourtant Pline différenciait les lavandes stoechas et vera. Cette dernière étant utilisée à la dilution
des parfums coûteux. En 75 après J.-C .elle valait 75 deniers la livre.

*Néron l'utilisait en philtre antipoison et contre les désordres intérieurs. Galien l'ajoutait aux
anciennes listes d'antidotes de poisons et de piqures.

A partir du Moyen Age jusqu'au XVlème siècle

*Dès le début du Moyen Age, la lavande aspic, dénommée couramment nard était employée en
thérapeutique par les médecins de l'Ecole d'Alexandrie,
plutôt que la lavande « vraie ».

La lavande citée dans le « Ménagier }) était cultivée dans tous les monastères chrétiens du Moyen
Age.Et pourtant, aux mêmes époques, les parfums incluant des extraits de lavande, n'étaient pas
accepté par l'Eglise. Les autorités et les femmes portant de tels produits étant condamnées par les
ecclésiastiq ues.

*Après l'an mille dans un psaume de l'Ecole de Salerne (vers 1020) intitulé « Flosmedicinae », la
lavande est mentionnée
à côté d'autres végétaux.

L'Abbesse Hildegard (près de Bingen) a été la première à différencier, au début du 12ème siècle,
clairement la lavande vraie de l'aspic (lavande aspic sauvage). Elle recommandait dans des formules
médicamenteuses à base d'aspic, son utilisation pour les maux de tête, la congestion des poumons
(aspic dans du vin ou du miel), pour laver les yeux, pour chasser les esprits malins.

Pour s'assurer d'un sommeil réparateur, elle recommandait un bain avec de la lavande, après une
marche. Pour elle, le vin de lavande aspic était un vrai remède.

*L'essence d'aspic, une des premières connues, était mentionnée dans les ouvrages de médecine du
13ème siècle.

* Au XIVème siècle, les fleurs d'aspic garnissaient des coussins servant indifféremment aux biens
portants et aux malades pour leur plus grand bien.

A la même époque, on utilisait la lavande dans du vin dans les maladies d'estomac, du foie, des reins
et utérus, ainsi que dans la jaunisse et l'hydropisie.

Les jeunes filles trop délurées étaient confiées aux Sœurs Ursulines par leurs parents pour les inciter
à la chasteté par un jeûne à base de lavande et de romarin. Dès 1371, la Duchesse de Bourgogne fit
des plantations de lavande dans ses propriétés du Rouvres.

*Au XVème siècle, l'huile d'aspic était connue sous le nom d'Olea spica et citée par Jérome de
Brunswick comme venant de Provence.

A la fin de ce même siècle, Saladin dans son Compendium aromatorium signale l'essence de nard de
Provence appelée Oleum spica.

*L'apothicaire Toussaint dans son inventaire à Grasse au XVème siècle ne mentionne ni lavande, ni
aspic.

 

LES LAVANDES AU XVlème, XVllème et XVlllème siècles

Voici quelques références de présence de ({ Lavandes}) durant ces époques

*ValeriusCordus dans son Dispancorum omnium de 1543 (publié en français dans le Guidon des
Apothicaires) mentionne l'essence d'aspic, alors qu'il cite pour la première fois l'Oleumlavandulae,
qui ne sera pas généralisée ensuite.

Gonrad Gessner, toujours au XVlème siècle n'emploie que le terme aspic. La différenciation entre
lavande vraie et les autres variétés se situerait (selon Mourre), entre 1543 et 1589 bien que jusqu'en
1613 seule l'huile d'aspic soit citée, l'Oleumlavandulae ne figurant avec l'Oleum spica que plus tard,

selon la PharmacopeeAugustana.

Les différentes espèces de Lavande, sont toutes cultivées en Allemagne et en Angleterre.

Toujours au XVlème, Ryff note que les distillateurs de l'époque n'attachaient aucune importance à la
nature de la lavande utilisée, chaque variété ayant son nom local.

*en 1605, Charles de l'Ecluse désigne la lavande stoechas sous le nom provençal de « mourrenieu })
qui sera appelé plus tard « queirelet ».

*Jusqu'en 1613, selon Auguste Occo (PharmacopeAugustana) seule huile d'aspic est rapportée.
Oleumlavandula et Oleum spica n'y figurerons que plus tard.

*Selon une légende du Diois,ce seraient les protestants de l'endroit, qui chassés par la révocation de
l'édit de Nantes auraient introduit la culture de la lavande en Angleterre.

*Olivier de Serres toujours au XVllème siècle utilisait les plants de lavande pour border et
compartimenter les parterres des jardins.


LES DIFFERENTES « LAVANDES» AUX XVlème, XVllème et XVlllème siècles

*La lavande femelle ou commune est ainsi décrite par Garidel en 1715.

« La lavande est naturelle aux pays méridionaux; on la cultive avec succès dans les climats tempérés.
Sa racine est ligneuse; c'est un pivot garni de grosses fibres rameuses qui s'attachent fortement en
terre. Ses tiges s'élèvent de deux pieds: elles sont ligneuses, grêles, quadrangulaires et branchues.
Les feuilles sont opposées deux à deux le long de la tige et des branches, alternativement disposées
en croix: elles sont longues, étroites, entières, et terminées en pointes. Les branches sortent
aisselles des feuilles, et portent les mêmes caractères que la tige. Les fleurs naissent au sommet de la
tige et des branches, rangées en épis, disposées par anneaux, accompagnées à leur base par des
feuilles florales, quelquefois semblables et quelquefois différentes de celle de la tige; ces fleurs sont
labiées. Chacune d'elles est un tube menu à la base, s'élargissant vers son extrémité, où il se divise
en deux lèvres, dont la supérieure est relevée, étendue et partagée en deux parties arrondies; la
lèvre inférieure est divisée en trois parties aussi arrondies, et à peu près égales. Les quatre étamines
sont attachées deux par deux à chacune des lèvres. Les pistils est placé au fond du calice, que nous
avons représenté ouvert; il est composé de l'ovaire, du stil et de deux stigmates, dont l'un est
beaucoup plus petit que l'autre, ce qui fait qu'au premier coup d'œil on n'en aperçoit qu'un: nous
devons cette remarque aux studieuses observations de M. Adanson. L'embryon est composé de
quatre graines réunies au fond du calice qui le referme pour protéger leur maturité. »



*La lavandulalatifolia, spica ou aspic grande lavande, nard celtique ou encore lavande mâle, espic en
provençal est présente dans de nombreux endroits incultes de Provence.


*La lavande maritime, quereilet ou keirelet ou litanies à des Saints, lavande stoechas est commune
dans tous les lieux de la côte de Provence, d'Antibes, la Ciotat et dans les collines (Puyloubier,
Bruguières). Elle pousse sur les terrasses non calcaires et même en Allemagne et en Angleterre.



LES TRAITEMENTS DES FLEURS

Relèvent de deux technologies
-l'enfleurage aux huiles

-la distillation à l'eau, à l'esprit de vin ou au vinaigre

L'Enfleurage aux huiles

« On prend une boîte de fer-blanc carrée et bien propre, d'environ un pied sur chaque face; elle
s'ouvre par le côté au moyen d'une coulisse; il se trouve à moitié de la hauteur de cette boîte, une
grille aussi en fer-blanc, piquée de petits trous très rapprochés; la coulisse commence deux doigts
au-dessous, et se termine au haut de la boîte, on plie en quatre une toile de coton bien blanche et
épaisse, on la trempe dans l'huile de béhen, et on la pose sur la grille, après avoir calculé son
étendue, de manière à ce qu'elle remplisse exactement la capacité de la boîte; on étend sur cette
toile les fleurs nouvellement cueillies et dans toute leur force, on les y laisse environ vingt-quatre
heures, et on les remplace par de nouvelles, jusqu'à ce que l'huile de béhen soit suffisamment
chargée de leur parfum. Alors on met la toile sous la presse, jusqu'à ce qu'elle soit sèche, c'est-à-dire
jusqu'à ce que l'on ait exprimé toute l'huile dont elle était imprégnée. Cette huile chargée du parfum
de la fleur, est l'essence que l'on désire; on la laisse quelque temps déposer et éclaircir, puis on la
décante dans une autre bouteille. »

Distillation à l'eaulLLUSTRATION 4

Rosetti (Venise 1555) : Aequa di lavanda. Eau odorante au spicnard

Porta (Naples 1609) : Huile parfumée tirée des fleurs de lavande (Procédé chapitre X)

« La plante et ses fleurs sont chauffées d'abord dans du vin, ou dans de l'eau pendant quelque
temps, puis distillées. Ainsi, quel que soit le mode de distillation, il tombera de l'huile et de l'eau très
parfumée, car le parfum est contenu dans la substance entière de la plante. Immerger les fleurs de
lavande avec une grande quantité d'eau de fontaine dans le vase d'airain que nous avons mentionné
plus haut et le placer sur un feu de braises incandescentes: il sera distillé une huile et une eau
violemment parfumées. On les obtient par distillation du feuillage en même temps que des fleurs; la
couleur de l'huile extraite du feuillage tire sur le noir, tandis que celle qui se tire des épis (de fleurs)
est plus parfumée, comme celle qui vient de France où l'on trouve une grande quantité de ces
fleurs. »

Lémery (1716): Eaux distillées de Lavandulastoechas, d'Aspic

DJF (fin XVlllème) : Huile essentielle de lavande (Annexe 1).

Distillation à l'esprit de vin - DJF

« Prenez des fleurs récentes de lavande, 18 liv
Esprit de vin, 20 liv

On met les fleurs de lavande récente et mondée de ses tiges dans le bain marie d'un alambic. On
verse par-dessus l'esprit de vin et on procède
à la distillation, pour tirer tout l'esprit de vin que l'on a
employé.

Si l'on veut que cet esprit de lavande soit plus agréable on le rectifiera au bain marie et on tirera par

                                                                       •   ,',         1

seconde distillation qu'environ les cinq sixième de l'esprit de lavande. »

Distillation au vinaigre - DJF
Vinaigre de lavande distillée

« Mettre dans une cucurbite de grés, une certaine quantité de fleurs de lavande récemment
mondées de ses queues. On verse par-dessus du vinaigre distillé jusqu'à ce que les fleurs nagent
suffisamment. On distille ensuite pour tirer environ les 
du vinaigre qu'on a employé et on rejette
comme inutile ce qui reste après cela, dans la cucurbite. »

LES UTILISATIONS EN PARFUMERIE, COSMETIQUES, SAVONNERIE

Rappelons que l'odeur champêtre de « lavande » était en grande vogue au XVlllème siècle.

Sous forme d'eaux distillées de lavande
-Grand succès sous Louis XV

-Eau de senteur (Nostradamus 1552)

-Eau parfumée de fleurs de lavande (Porta 1609)

-Reine de Hongrie composée, Eau impériale, Eau divine cordiale, Eau de lavande composée, Aqua

damascenaodorifera, aqua vitae matthiolé composée (Iemery 1716).
-Marchands parfumeurs (Montpellier XVIIIe)

Eau de senteur (Jacques L.)

Eau et esprit de vin à la lavande (de Houlle)

Eau de vie double de lavande, Eau de vie simple à la lavande (Prévost)

-Eau divine et cordiale à la lavande (De jean 1764)
Eau de lavande composée (De jean 1764)

Eaude lavande de la Reine de Hongrie à la lavande (De jean 1764)
Lavande en eau simple (De jean 1764)

Sous forme diverses

-Vinaigre à la lavande distillée

-Onguent de nard pristica

-Pâte pour visage au spicnard

-Pot-pourri à la lavande

-huile de senteur à la lavande

-Poudre avec lavande

Impériale à la Maréchale, de Chypre, de violette, odorante pour les mains
-Savons et savonnettes à la lavande

muscat pour la barbe

-Fleurs de lavande

sachet de fleurs (époque Marie-Antoinette)
petite bottes dans les vêtements

fleurs pour effacer les rides

-Essence de lavande dans les extraits parfumés

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